
Voici une magnifique photo empruntée au site : www.tango-argentin.fr dont les webmasters sont Noël Blondin et Enzo Maggi. Ce site est à consulter autant que possible car il détient des informations sur les milongas et les sorties parisiennes mises à jour quotidiennement, en dehors de très jolies photos.
Cette remarquable photo montre un couple dansant en plein mouvement, et la femme exécute un magnifique boleo, guidé par son partenaire en contre position.
Si cette photo est si intéressante, c’est qu’elle marque tous les points techniques indispensables pour une exécution parfaite. Elle montre combien, pour la femme, le dos est mis à rude épreuve, subissant plusieurs « chocs » musculaires en même temps, lors de cette posture, démontrant par là même qu’un minimum de souplesse du dos est requise et grandement recherchée.
En effet nous voyons nettement, à la fois la torsion du dos au niveau de la taille (épaules de la partenaire face aux épaules du partenaire), l’élongation du dos (sur le côté droit de la partenaire) en même temps que la jambe droite se lève, et la contraction du dos (sur le côté gauche de la partenaire) au niveau de la taille. De plus, pour avoir un mouvement ample de la jambe qui se lève, il est nécessaire d’avoir une très bonne souplesse des muscles situés sur le devant de la cuisse, au niveau de l’aine, et, pour couronner le tout, avoir le genou suffisamment relâché et souple pour que le mouvement ne soit pas volontaire, mais dirigé par le mouvement en contre position de l’homme.
Bigre ! Le stretching s’impose….
Qu’y a t’ il de commun entre le football et le Tango ?
Il y a ça :
et ça :
Pas mal, non ?
Beaucoup de changements dans ce nouvel album, par rapport aux deux précédents.
D’abord notons ceux relatifs aux musiciens. On remarque que Carlos Libedinsky le compositeur, a troqué sa guitare contre un bandonéon (il chante également) et que cela lui va plutôt bien ! Que Fernando Del Castillo est toujours là, fidèle au poste, à sa batterie et ses claviers électroniques, et que c’est toujours aussi passionnant. Et puis deux excellents nouveaux musiciens : le pianiste Mariano Castro, et le bassiste guitariste Marcelo Toth. Ces deux nouveaux arrivants donnent aux morceaux un autre visage, complètement différent si l’on se réfère aux deux précédents albums (sauf « Supongamos » dont le style ressemble un peu à Narcotango 2, mais avec l’apport de la voix de Carlos et l’apport du piano, et « Incluso » très « Libedinskien » !). Le remarquable pianiste Mariano Castro apporte une connotation délibérément jazzy aux compositions, tandis que le bandonéon de Carlos reste la racine sonore du Tango. La guitare électrique de Marcelo Toth dans « Supongamos » est très rock lors d’un passage solo.
Dans toutes les compositions de ce 3ème album, le rythme est toujours là, bien présent, mais à aucun moment il ne prend la place des instruments acoustiques au premier plan sonore, le tout est remarquablement équilibré, entre batterie, percussions et mélodies souvent très tendres et mélancoliques. Ce qui donne un résultat très musical, pas forcément très Tango, quelquefois pas du tout Tango (le morceau « Limanueva » justement, plus samba ; ou encore le morceau « Ronda »), mais c’est toujours de la très bonne musique. Aucune brutalité sonore par un « beat » trop accentué, aucune agression ni violence. Il y a, je le pense, beaucoup d’amour et de tendresse pour la musique, bien au-delà de l’aspect financier ou médiatique exagéré que l’on peut rencontrer ici ou là pour la musique électronique. A noter aussi le côté expérimental par des improvisations qui peuvent décontenancer l’auditeur quelquefois par l’étrangeté que les sons électroniques engendrent. On dirait de la musique sans tonalité, très contemporaine, avec peut-être quelques petites réminiscences de musique classique indienne (« Datos de Vuelta »).
Si je trouvais l’album Narcotango 2 supérieur au premier (j’ai adoré « Tres Son Multitud » et « El Aires en Mis Manos »), je pense que ce 3ème album est encore meilleur, car plus élaboré musicalement, plus « libéré ». Aussi plus sentimental, plus dans l’émotion, globalement. Carlos Libedinsky a un réel talent artistique, pas seulement en tant que compositeur, arrangeur et instrumentiste, mais il sait en plus s’entourer d’excellents musiciens qui lui apportent une dimension supplémentaire dans la qualité sonore et instrumentale. La virtuosité et la richesse instrumentale qui manquent tant, trop souvent, dans les groupes d’électro Tango, fait ici son apparition, et c’est tant mieux.
Incontestablement à conseiller pour écouter et réécouter. Et pour danser ? C’est possible mais…..à condition d’adapter fortement sa danse….
Après vous avoir signalé l’existence d’un remarquable blog, en Français, dédié au Tango argentin mais vu du côté de Buenos-Aires et de Montevideo, voici un livre qui porte le même titre : « Barrio de Tango » (Edition du Jasmin), blog et livre étant rédigés par Denise-Anne Clavilier dont je vous ai déjà parlé lors de la présentation du livre…et du blog.
Si le blog est remarquable, le livre l’est tout autant. Pourtant l’objectif est différent, le livre est consacré à la traduction, en Français, des poèmes des Tangos depuis 1916 jusqu’en 2008 (il est très, très rare de trouver des poèmes récents traduits). Traductions faites par Denise Anne Clavilier elle-même.
Des essais de traduction des poèmes des Tangos traditionnels ont déjà été faits, bien sûr. Mais l’originalité de ce livre, outre les traductions de 231 Tangos de 96 auteurs différents, réside dans toutes les notes fort nombreuses et toutes aussi intéressantes les unes que les autres, en bas de page, relatant le contexte des poèmes, avec toutes les explications nécessaires à leur bonne compréhension. Il peut donc y avoir des références à la politique du moment, aux sports (on pense au foot), aux différentes versions des poèmes selon les chanteurs, à divers personnages importants ou non…. C’est dire que la culture tanguera est très présente dans ce livre. Chacun y trouvera des informations que l’on ne connait pas forcément, pour peu que l’on soit intéressé par l’Histoire du Tango, Histoire avec un grand H.
En plus de ses notes en bas de page sous le poème et sa traduction, Denise-Anne a eu une idée géniale. Tous les 6 ou 8 Tangos qui possèdent un point commun (à deviner ; c’est le jeu), elle a accordé une double page à une rédaction de son cru sur ce point commun proprement dit. Voilà l’originalité, avec une pointe ludique: elle crée par son écriture sa propre perception des thèmes qu’elle a choisis, et donne par ce biais, une réponse aux questions que l’on pourrait se poser.
Par exemple, elle écrit sur :
- Carlos Gardel : El Zorzal
- La ville de Buenos-Aires, son historique,
- L’histoire du bandonéon,
- La biographie résumée d’Homero Manzi
- La météo de Buenos-Aires
- Juan Manuel Ortiz de Rosas, personnage politique
- Palermo, quartier de B-A (Buenos-Aires)
- La biographie résumée de Juan D’Arienzo
- Les Payadores
- Le maté
- Les Noirs
- Les anciens cabarets
- La biographie résumée de Francisco Canaro
- La biographie résumée de Celedonio Flores
- La calle Florida à B-A
- Le Puente Alsina à B-A
- La biographie résumée d’Osvaldo Pugliese
- Une recette de cuisine : le Pan Dulce à Noël
- La biographie résumée d’Hipolito Yrigoyen, homme politique
- La biographie résumée d’Enrique Santos Discepolo
- L’Avenida Corrientes à B-A
- La naissance de Carlos Gardel
- La biographie résumée de Homero Exposito
- Hommage à Osvaldo Pugliese en lunfardo
- Homero Manzi et ses rues
- La biographie résumée d’Anibal Troilo
- La biographie résumée de Roberto Goyeneche
- Les différents quartiers de B-A : plan
- La biographie résumée de Juan Peron, homme politique
- La biographie résumée de Carlos Di Sarli
- La biographie résumée d’Enrique Cadicamo
- La mort de Carlos Gardel
- La biographie résumée d’Astor Piazzolla
- La biographie résumée d’Alfredo Le Pera
- La biographie résumée d’Horacio Ferrer
- L’Histoire de « La Cumparsita »
Autre idée géniale : celle de faire accompagner ce livre par un excellent CD qui comporte 22 Tangos de référence, avec également des explications.
Vous avez ainsi une idée plus précise sur la valeur culturelle de ce livre. De plus, notons qu’en fin de livre existent plusieurs index :
- Index alphabétique des Tangos traduits, par titre
- Index chronologique des Tangos traduits
- Index des Tangos traduits par auteur
- Index des Tangos traduits par compositeur
- Index de tous les noms cités dans le livre
- Index des illustrations et des photos fournies
- Index du vocabulaire « bien criollo y bien Porteno »
- Une bibliographie de référence
- Une table des matières
Ce livre fera référence, tant il est structuré et organisé, tant il est fait avec sérieux sans jamais avoir l’air pontifiant. Avec de l’humour, avec son indéniable talent d’écrivain, y compris en argot, Denise-Anne Clavilier a rédigé un grand livre sur le Tango, avec le soutien d’éminents personnages argentins qui lui ont apporté tout leur savoir et leurs connaissances, en plus des siennes propres (Luis Alposta, Litto Nebbia, Horacio Ferrer, Raul Garello, Alejandro Szwarcman, Alberto Podesta……parmi tant d’autres). Un livre à conseiller vivement.
Voici les sites relatifs à ce livre :
www.editions-du-jasmin.com
www.melopeadiscos.com.ar
et le blog lui-même : www.barrio-de-tango.blogspot.com
Salle bourrée à craquer, y compris devant la scène où la direction de l’Olympia avait fait retirer tous les fauteuils d’orchestre (les gens étaient debout), public de jeunes et de moins jeunes on ne peut plus enthousiastes face à la rythmique omniprésente du groupe, applaudissements frénétiques et sifflements plein de fougue, c’était énoooorme !!! Gros succès : on se serait cru à un concert de rock des Rolling Stones.
Bon, j’exagère un peu. Mais l’enthousiasme des gens était réel. Très bon concert, affichant complet comme il se doit, et même excellent concert. Vu le battage médiatique par presse, télévision et radio, notamment France Inter, il aurait été dommage d’aller voir un concert miteux. On ne pouvait pas attendre quelque chose de mieux, venant de professionnels tel que le groupe Gotan Project.
Bref, pas de surprise, ni mauvaise, ni bonne, de la part de ce groupe de Tango électro, égal à lui-même et suprêmement connu dans le monde entier. Les CDs que l’on peut acheter sont en grande partie le reflet de ce qu’ils montrent sur scène, exception faite des images vidéo qui défilent derrière eux, dont on peut légitimement se demander ce qu’elles font là, en dehors des intervenants virtuels qui font réellement partie du concert. L’image des deux chanteurs de rap, pendant « Mi Confesion » (tiré de l’album « Lunatico »), a été particulièrement appréciée par le public.
Sept musiciens sur scène : Eduardo Makaroff à la guitare, Philippe Cohen-Solal et Christophe Müller aux synthétiseurs et claviers électroniques, la chanteuse Cristina Vilallonga, un pianiste, une violoniste qui jouait aussi de la trompette, un bandonéoniste.
Le répertoire joué hier soir était surtout pour faire connaître leur nouvel album : Gotan Project 3.0, mais ils ont aussi joué des titres de leur premier album « La Revancha del Tango » : « Epoca » en tout début de concert, « Queremoz Paz », « Santa Maria », « Una Musica Brutal »…
Gotan Project continue à rechercher, à explorer, à révolutionner, à revisiter, à dépoussiérer, à fusionner divers genres de musique, avec toujours un fond de Tango. C’est ce qui est dit et répété partout. Pour reprendre l’expression consacrée à Astor Piazzolla : tous les morceaux de Gotan Project, sauf exception, sont « tanguificated ». La différence d’avec Piazzolla est l’apport considérable et énergique des sons électroniques et des formules rythmiques qui prennent la toute première place, bien avant la mélodie. Comment alors, goûter les subtilités d’un bandonéon ou d’un violon ? Lors du concert, (et on peut même s’en rendre compte sur les CDs), il est tout à fait significatif de constater que le pianiste est très en retrait, idem pour la violoniste mais à un moindre degré. On peut même se demander pourquoi il y a un pianiste, puisque celui-ci joue c’est indéniable, mais on ne l’entend pas, ou à peine (uniquement comme instrument de percussion, ou lors des glissandos, ou lors des transitions ou des ponts musicaux entre deux phrases ou entre deux parties). On peut alors se demander quelle est la frustration de ce musicien sur scène, puisqu’il n’a pas la possibilité de s’exprimer réellement en premier plan sonore. Pas de solo, ou alors 1 fois mais en toute petite fin de morceau….
Les mélodies sont quelquefois totalement insignifiantes : « Tango Square » un blues très lent sans intérêt musical aucun (sauf pour la partie bandonéon qui cherche un peu à rattraper la sauce), « Mil millones » où la chanteuse en écho au rythme, ne peut pas faire grand-chose. Néanmoins des mélodies sont aussi quelquefois très intéressantes, telle que « Tu Misterio » en duo (Daniel Melingo serait-il le compositeur ?), ou « Desilusion » dans lesquelles les phrases musicales ne sont pas vraiment Tango….sauf la coda qui elle est bien Tango…. « Peligro » est intéressant musicalement car il fusionne la syncope caractéristique du Tango argentin, avec un rythme de Cumbia. « De Hombre a Hombre » avec ses claquements de doigts rappellerait plus une musique un peu rockabilly de film policier, et cette musique est captivante en définitive, par ses harmonies, les voix parlées. Si on écoute bien, le piano est derrière, très loin, trop loin….. « El Mensajero » comporte une partie à l’harmonica remarquable, sur un rythme de folklore argentin. « Panamericana » fait penser à un « road movie ».
Le premier album de Gotan Project comportait un titre : « Una Musica Brutal ». C’est exactement ça, par rapport aux vieux Tangos traditionnels. Ce n’est pas langoureux, comme quelquefois j’ai lu dans la presse, et pour moi, ce n’est pas la bande son idéale pour faire l’amour, comme semble le dire aussi dans la presse Philippe Cohen-Solal. Pour moi, la bande son idéale pour faire l’amour sur Gotan Project serait de laisser leur place au piano et au violon, ceux-ci joueraient une mélodie et un contre-chant qui me ferait frissonner et me donner la chair de poule, sur des formules rythmiques et des sons électro tels que Eduardo Makaroff, Philippe Cohen-Solal et Christophe Müller savent si bien les rechercher….
Gotan Project, quand même. Le concert fut bon, car conforme aux attentes. Même si pour ma part je ne suis pas entièrement convaincue….ni enthousiasmée vraiment, mais pas déçue non plus car certains titres me plaisent, heureusement !
Quelques nouvelles de Pablo Veron aujourd’hui même : il souhaite faire des compléments, des ajouts concernant l’interview qu’il a bien voulu me donner. Alors nous attendons encore quelques jours avant de faire les dernières modifications, et nous vous soumettrons de nouveau cette interview repensée par le Maître, a posteriori.
On peut y voir là une recherche de la perfection dans ses propos, et même si nous perdrons là un peu de sa spontanéité du moment, il n’empêche que ce sera aussi bien, sinon mieux dans la précision de sa pensée, revue de façon plus littéraire.
A la maison de l’Argentine hier soir, Denise Anne Clavillier a présenté son livre « Barrio de Tango » (Ed du Jasmin) devant une assemblée de connaisseurs passionnés de Tango, intéressés plus particulièrement par la littérature et la musique.
Nous avons déjà parlé de l’excellent blog animé par Denise Anne, portant sur l’actualité du Tango en Argentine et en Uruguay: www.barrio-de-tango.blogspot.com. Si ce livre porte la même dénomination, « Barrio de Tango », il porte un sous-titre : recueil bilingue de Tangos argentins. C’est dire que le but est différent par rapport à son blog, puisque son livre contient la traduction en Français de 231 Tangos de 96 auteurs, à partir de l’original en Espagnol, à partir de 1916. Mais, et c’est ce qui est intéressant, avec son interprétation personnelle des contextes des poèmes, les explications nécessaires à leur compréhension (lunfardo oblige), et les repères historiques.
Hier soir, Denise a plutôt cherché à nous faire connaitre ce qui s’est passé avant 1916, en rappelant ce que fut la période de la préhistoire du Tango, en reliant l’Histoire de l’Argentine à cette période précisément pour la création du Tango, création qui fut une nécessité vitale pour des immigrants en attente de pouvoir communiquer, eux qui avaient leur langues maternelles spécifiques en arrivant en Argentine. La communication est alors passée par la musique et par un nouveau langage créé pour eux et par eux : le lunfardo.
Si Denise Anne est très brillante dans sa façon d’écrire (son blog l’atteste en premier lieu, puisque je n’ai pas encore lu son livre) elle est tout aussi brillante dans sa façon de raconter les choses relatives au Tango. Avec de l’humour, de l’audace, avec toutes ses connaissances culturelles, avec son franc et lumineux sourire qui a l’air de dire : « je ne me prends pas au sérieux mais je fais les choses sérieusement », Denise Anne se révèle aussi dans la facilité d’élocution et dans la bonne humeur.
Suite à cette conférence qui ne nous a pas ennuyé une seule seconde, un petit concert très sympa a terminé la soirée. D’abord le Trio Taquetepa (Marie Crouseix : flutes ; Daniel Perez : guitare ; Fabrice Gouterot : Contrebasse) qui a joué des Tangos contemporains composés par Daniel Perez, puis le duo Mariel Martinez : chant ; Alejandro Picciano : guitare électrique qui a joué le répertoire très classique chanté (De mi Barrio ; Flor de Lino ; Malena ; Soledad ; Balada Para Un Loco).
Notons un passage émouvant : celui de l’écoute de « Para Verte Gambetear » un Candombe dont la musique et le texte ont été écrits en 2002 par un ami de Denise Anne : Alorsa, mort à l’âge de 39 ans. Le texte rend hommage à Diego Maradona.
La lecture de ce nouveau livre ne tardera pas. Je vous en reparlerai.
En cliquant sur le lien suivant : ‘Interview de Pablo VERON‘, vous trouverez l’interview que Pablo VERON a bien voulu m’accorder le mois dernier, à l’occasion de l’un de ses stages à Paris.
Vous y verrez (ou retrouverez) un Pablo VERON intelligent et très professionnel, allant profondément dans ses pensées et les exprimant de la façon la plus franche qui soit, toujours à la recherche d’univers encore à découvrir, aussi bien en lui-même qu’à l’extérieur de lui-même.
Tel un chat qu’il est, il retombe sur ses pattes aisément, malgré les apparentes contradictions liées à la nature humaine, et malgré les provocations de l’intervieweuse quelquefois. Pas dupe de ce genre de chose, il s’en amuse et y répond avec beaucoup d’humour. Cette interview révèle un Pablo VERON quelquefois sévère certes dans certaines de ses opinions, mais aussi très tendre, avec gentillesse et avec charme.
Nota : Pour la rédaction de cet interview, j’ai cherché à garder le plus possible la spontanéité et le naturel des paroles de Pablo. Cette interview a été enregistrée directement en Français. Il n’y a pas eu de coupures dans la transcription écrite, toutes les pensées de Pablo sont largement développées, en reprenant les termes argotiques qu’il a employés quelquefois. Les seuls aménagements l’ont été simplement pour des questions de légère remise en forme du Français.
Pour ceux qui n’ont pas pu aller voir cette manifestation, voici quelques impressions :
Belle réussite pour cette 16ème édition de Couleurs Tango à l’Espace Adenauer de la Cité Universitaire à Paris, organisée par le Temps du Tango. Avec cette année une nouveauté dans le cadre des milongas le soir : une collaboration avec la milonga « Le Chantier » à Montreuil. Un « after », en quelque sorte, où tous les participants de Couleurs Tango pouvaient continuer la nuit là-bas jusqu’à l’aube, après la fermeture de l’espace Adenauer vers 2 ou 3 heures du matin. Il en a résulté que les habitués du Chantier sont venus en grand nombre (on sait que ce sont des jeunes en majorité) pour danser au Festival Couleurs Tango, avant de repartir au Chantier, en toute logique. Ce fut une bonne idée qui a été portée et représentée par Delphine Blanco et Matthias Morin, jeunes danseurs professionnels, habitués du Chantier. Si cette collaboration est fructueuse cette année, on peut légitimement penser que l’idée sera reconduite pour la 17ème édition de Couleurs Tango !
Qu’a-t-on vu cette année à Couleurs Tango ?
Rien que de l’excellence.
Citons d’abord les musiciens pour changer. L’Orquesta Silencio : le Cuarteto vendredi et le Septeto samedi ont fait parmi le public tanguero grande impression, tant il y avait de l’expression musicale forte et du sentiment. Ce fut un grand moment de plaisir que de les entendre et de danser sur leurs interprétations. Notons au passage qu’ils ne sont pas tous Argentins, et il est rassurant de voir que des musiciens européens de grand talent sont capables de jouer cette musique, au côté même de ceux qui, on le disait dans le passé, étaient les seuls à pouvoir jouer du Tango « comme il faut ».
Quatre couples de danseurs se sont partagés l’affiche, des pointures internationales très connues, avec des styles complètement différents, d’où l’intérêt. Tous les couples ont dansé tous les soirs en démonstration, toute différentes, en improvisé et en chorégraphie. Je ne manque pas de dire (et oui, car c’est mon dada) que 3 couples sur 4 ont dansé des chorégraphies sur des œuvres d’Astor Piazzolla lors de leur démonstration, et que ce fut fort réussi. Quel est le couple qui n’a pas dansé sur Piazzolla ? Devinez…..Réponse en bas du blog.
- Damian Rosenthal et Céline Ruiz : je me permets de les citer en premier car ils ont acquis, maintenant, leur propre personnalité, leur propre style, et c’est important de se distinguer. Ils ne ressemblent à aucun autre couple. Ayant une façon de danser toujours très théâtrale et très moderne (cela peut ne pas plaire), Damian et Céline sont capables d’allier humour, rythme, technique brillante et évoluée, assurance et maitrise de tous leurs mouvements, ainsi qu’émotion dans l’interprétation. Céline fait des choses magnifiques, c’est souple, c’est rond, c’est sûr, c’est mature, c’est beau. Le travail paye. Mais pas seulement le travail, c’est aussi le talent artistique, l’expression de l’émotion.
- Ezequiel Paludi et Geraldine Rojas : ils sont revenus cette année et, par rapport à l’année dernière, j’ai trouvé qu’il y a maintenant plus de connexion et d’harmonie dans le couple. Ezequiel met en valeur sa femme et partenaire qui est toujours aussi magnifique. Femme sexy (plus Tango qu’elle, tu meures), Geraldine a des jambes et un déplacement au sol extraordinaires, servie par un physique et un charisme dévastateur que toutes les danseuses lui envient certainement… Le couple Ezequiel et Geraldine prend forme, ils se respectent, ils se protègent mutuellement et cela devient bien meilleur…. Sans être trop traditionnels, ni trop modernes, Ezequiel et Geraldine allient assez bien dans leur danse la tradition et le modernisme. On oublie, avec le temps, le couple Javier Rodriguez et Geraldine Rojas….
- Pablo Inza et Eugenia Parrilla : couple que l’on pourrait qualifier de style « Nuevo Tango ». Beaucoup de volcadas très bizarres, où la femme est trainée sur plusieurs mètres en écart latéral. Bon. L’expérimentation est là je ne discute pas. Mais est-ce esthétique vraiment ? Hum….Sinon Eugenia (rappelons qu’elle a été la partenaire de Chicho quelques années), est comparable à une liane très souple, très mince, et très malléable. Une libellule. Boleos, ganchos, piernazos, paraissent avec elle démesurés tellement ses jambes sont longues et déliées. Pablo Inza est plein d’énergie, danse de façon naturelle en donnant l’impression de ne pas forcer son talent, comme s’il voulait rester en retrait derrière Eugenia, alors qu’il est bien là, présent, avec elle… Le résultat est néanmoins excellent car ils sont complémentaires l’un par rapport à l’autre, bien connectés ensemble dans ce style très « Nuevo », très contemporain.
- Gaston Torelli et Moira Castellano : toujours aussi bien par rapport à leur prestation à Bahia Blanca il y a quelques mois (lire ce que j’en avais écrit à ce moment-là).
Citons les DJs des soirées : Tommaso Fiorilli, samedi soir, qui a passé des Tangos super sympas et que l’on n’a pas l’habitude d’entendre, Felipe Leygue vendredi soir, très professionnel et sérieux dans son impeccable programmation de Tangos de différents styles tous très dansables (merci à lui pour avoir osé passer en fin de soirée quelques Tangos actuels électros ), Danielle Blanco dimanche soir, plus traditionnelle dans sa programmation.
Le couple qui n’a pas dansé sur la musique de Piazzolla est…..Ezequiel Paludi et Geraldine Rojas.









